Il y a une plaine immense, c'est la toundra. On voit la courbure de la terre à l'horizon. Un coyote apparaît, il court. Une femme apparaît et le suit en volant au ras du sol. La femme vole à la hauteur de l'épaule du coyote. Ils vont à la même vitesse.

La femme sent la présence de ce corps animal à son côté. Cette présence devient alors une chose vertigineuse. Elle se moule au rythme et à la cadence interne de la course du coyote. Le rythme s'amplifie. La sensation de la présence de l'Animal à son côté s'amplifie; sa fourrure, la densité de ses muscles, la tension, l'élan avec lequel ses pattes d'en avant bondissent et touchent le sol...

Leurs flancs se touchent. Et soudain la femme est aspirée. Elle entre par le flanc à l'intérieur du coyote. Elle entre dans sa peau. Elle est dans la peau du coyote, avec lui.

Les yeux de la femme reculent. Ils ne fendent plus l'air. Sa vision se transforme, ses yeux glissent de chaque côté de sa tête. Son nez s'allonge. C'est par lui qu'elle perçoit les choses en premier maintenant ; ce n'est plus le regard qui domine mais un regroupement des sens.

Quelque chose de lointain et de royal. Elle est à l'intérieur du coyote, invitée, enveloppée. Ils continuent leurs courses.